La biodiversité est la diversité des espèces végétales et animales d’une aire géographique. Cette biodiversité est plus ou moins riche, plus ou moins dégradée. L’UICN a recensé et cartographié les « hot spots » de très haute biodiversité, ces zones où foisonnent un nombre exceptionnel d’espèces vivantes différentes.

La diversité culturelle est la diversité des langues et des cultures, à l’échelle d’un territoire mais aussi à l’échelle de l’humanité. Tous les observateurs admettent aujourd’hui que l’immense diversité des cultures humaines s’appauvrit à un rythme vertigineux. Claude Levis Strauss disait que l’humanité s’installe dans la « mono-culture » et produirait désormais la civilisation en masse, comme la betterave.

La biodiversité culturelle est la prise en compte, dans l’inventaire des richesses d’un territoire, non seulement de la variété des espèces vivantes mais aussi de la variété des groupes ethniques qui y vivent en interaction avec le biotope dont ils font partie. Variété des langues, des savoirs, des connaissances, des modes de vie et de croyance, variétés donc des êtres humains et des peuples.

Lorsqu’on les superpose, on remarque que la carte des langues menacées de disparition et celle des dernières ressources naturelles coïncident systématiquement.

Nul ne disconviendra donc que les derniers peuples indigènes de notre humanité vivent sur la ligne verte qui nous sépare de l’irrémédiable.

Selon les linguistes, une langue disparaît chaque semaine du patrimoine immatériel de l’humanité. Cette érosion de la biodiversité culturelle est le corolaire notamment de la déforestation : en engloutissant des vallées et en abattant des arbres on abat des hommes, et avec eux des civilisations. Le rythme de disparition des langues est à rapprocher de celui de la disparition de nos forêts anciennes, dont un hectare est actuellement détruit toutes les trois secondes.