Au fil du travail de solidarité avec les Ashaninka, un noyau d’étudiants s’est constitué pour mettre en place un véritable projet de solidarité étudiante. Ce petit groupe s’est d’abord formé à l’Institut de Géographie et à Science Po. Les trois principaux animateurs du groupe sont aujourd’hui Odran Guillemard, Caslida Gratacos et Hadrien Tissier, étudiants en Master à l’IEDESMontpellier Supagro et Paris 1.

Le projet étudiant a pour vocation première d’aider les Ashaninka du Rio Ene à monter le dossier technique, administratif et scientifique du projet de préservation de leur territoire ancestral, forêt primaire d’une vallée de plus d’un million d’hectares.

C’est ce dossier qui sera étudié par les experts du programme Man and Biosphère de l’Unesco lorsqu’ils examineront la recevabilité de la proposition des Ashaninka.

Les Ashaninka entendent également faire reconnaître le danger de disparition encourus par leur langue et leurs savoirs culturels, ils aimeraient parvenir à les inscrire au patrimoine immatériel de l’humanité pour réussir à les protéger.

Une opération délicate car le classement de la vallée du Rio Ene en aire protégée y interdirait théoriquement tout projet industriel d’ampleur.

Sous l’autorité de la CARE, les étudiants sont invités à soutenir les Ashaninka selon trois axes :

  • Inscription de leur territoire, de leur langue et de leurs savoirs au patrimoine commun de l’humanité
  • Mise en place de leur projet de préservation forestière
  • Elaboration d’un dispositif de dialogue interculturel avec une collectivité territoriale française, en vue d’une coopération technique relative à la préservation et l’aménagement territorial de la vallée du rio Ene

Nous avons donc besoin d’étudiants en sociologie, anthropologie, ethno-écologie, musicologie et politiques de développement autant que de futurs ornithologues, primatologues, ingénieurs forestiers et agronomes, etc.

La CARE, organisation unitaire des Ashaninka du Rio Ene, porte de manière politique ce projet. Les étudiants qui s’impliquent dans ce projet de solidarité reconnaissent son autorité et se soumettent le cas échéant à toutes ses décisions.

Le projet étudiant permettra à certains des participants de se rendre chez les Ashaninka dans le cadre de leur stage de Master ou de leurs études doctorales. D’une manière générale nous privilégions les étudiants qui pourront inscrire leur contribution dans leur cursus universitaire en tachant d’impliquer les autres étudiants de leur filière.

Ce projet de solidarité a été initié en 2011. Sa complexité exige un investissement au long cours, il devra encore durer entre 5 et 10 ans. L’une des prochaines étapes sera la cartographie participative du territoire revendiqué par les Ashaninka du Rio Ene. Ce travail sur la représentation du territoire sera pour eux l’occasion de réfléchir à leur plan de développement territorial, qu’il s’agit d’élaborer en intégrant les contraintes de la préservation qu’ils se proposent de mettre en œuvre.

L’échange d’expérience avec des animateurs d’un PNR français serait certainement fructueux à ce sujet. Un protocole d’échange de connaissances et de savoir-faire pourrait être signé entre la CARE et une collectivité territoriale française.

Dans cette optique il s’agira pour les Ashaninka de déterminer progressivement leurs choix de développement économique. La conception de leur projet de préservation forestière les amènera certainement à élaborer une « charte » qu’ils pourront ensuite présenter à leurs partenaires et à leurs soutiens.

Faire des choix de développement c’est s’inventer un cap, cela implique de déterminer une stratégie commune, une projection dans l’avenir. La concertation collective nécessaire à un tel processus n’est pas historiquement habituelle aux Ashaninka du Rio Ene, du moins à l’échelle de toute leur vallée. Ancienne ou récente, l’Histoire les a plus souvent divisés que rassemblés. Leur unité politique est jeune, elle naît de l’ampleur de la menace : la construction d’un barrage qui les effacerait de la carte de l’humanité.

Notre projet de solidarité est pensé comme une plateforme d’échange et de dialogue avec les Ashaninka, lesquels se proposent de devenir les « gardiens » de LEUR forêt, poumon de NOTRE planète.

Le dossier devra également contenir les éléments nécessaires à la CCNUCC pour lui permettre de déterminer l’éligibilité du projet de préservation forestière des Ashaninka du Rio Ene au programme REDD+. Cette partie du dossier pourrait notamment être confiée aux étudiants du GEEFT.

Coordonné en France par le Bureau Nomade sous l’autorité de la CARE, le projet étudiant s’appuie sur des partenariats avec des associations étudiantes : Science Po Environnement, REFEDD, Cercle des élèves de Montpellier Supagro, International Forestry Students’ Association

Vous êtes étudiant et vous aimeriez participer? Contactez Odran au 06 95 52 35 69 ou Casilda au 06 07 26 66 10.

Vous n’êtes pas étudiant mais vous êtes passionné par ces questions ou compétent sur certains de ces sujets? Vous êtes disponible, par exemple retraité? Contactez-nous!