Les Ashaninka de la vallée du fleuve Ene sont environ dix mille, répartis parmi 17 communautés et leurs annexes. Leur vallée (et donc leur territoire ancestral) n’est accessible que par pirogue, en remontant le fleuve Ene depuis son point de rencontre avec le fleuve Tambo, dont il est un affluent.

Les habitants des communautés situées à proximité de l’embouchure du fleuve mènent une vie traditionnelle par l’essentiel de ses aspects, en autosuffisance alimentaire. Plus haut dans la vallée certains groupes vivent d’une façon très proche de celles de leurs aînés : groupes nomades se déplaçant en mode chasseurs-cueilleurs et cultivateurs sur brûlis. Parmi les populations Ashaninka des hauteurs de la vallée, certains petits clans familiaux survivent de façon quasi ancestrale.

Pour coordonner leur lutte et faire front commun, les Ashaninka du Rio Ene ont créer une organisation unitaire, la Central Ashaninka del Rio Ene (CARE).

Face aux menaces qui pèsent sur leur territoire et donc sur eux-mêmes, face à la construction programmée d’un barrage hydroélectrique géant qui engloutirait cent mille hectares de forêt primaire et les forcerait à l’exil, les Ashaninka du Rio Ene élaborent sous l’impulsion de la CARE leur propre projet de préservation forestière, qu’ils espèrent réaliser sous l’égide du programme Man and Biosphère de l’Unesco. Ce serait la première fois qu’un peuple indigène forestier parviendrait à faire admettre son leadership naturel sur la conduite du projet de préservation de son propre territoire ancestral.

Ce site internet est spécialement conçu pour soutenir depuis la France le projet de préservation forestière initié par les Ashaninka du Rio Ene, nous espérons qu’il permettra à la société civile francophone de nouer une alliance aussi concrète que symbolique avec ces amérindiens qui sont encore, à ce jour, les seuls habitants de leur vallée.