Selon la définition qu’en donnent les Nations Unies, les peuples autochtones représentent un ensemble d’environ 300 millions de personnes à travers le monde, 150 millions selon les critères de l’ONG Survival qui préfère parler de peuples indigènes.

Quoiqu’il en soit, il s’agit de plusieurs milliers de peuples dans un état de résistance permanent plutôt que de cette « dernière petite tribu » dont on voudrait nous convaincre qu’elle serait vouée à disparaître. Au contraire, porteurs de savoirs ancestraux d’une richesse inouïe, les peuples autochtones font plus que jamais partie du devenir de l’humanité.

Au prix de longues décennies de luttes, ils sont récemment parvenus à faire reconnaitre par l’Organisation des Nations Unies leur droit à l’autodétermination : droit de déterminer librement leurs statuts politiques et leurs modèles économiques, droit de conserver leurs identités culturelles et de rester vivre sur leurs terres ancestrales.

Les deux principaux outils juridiques sur lesquels reposent les droits des peuples indigènes sont la Déclaration de l’ONU sur les peuples autochtones et la Convention 169 de l’OIT, en vertu desquelles aucun projet industriel, économique ou même de préservation n’est légalement possible sur le territoire ancestral d’un peuple autochtone sans le consentement préalable, libre et éclairé, de celui-ci.

Malheureusement ces outils juridiques sont de peu de poids face aux immenses enjeux économiques dont il est question. Les entreprises et les lobbys rivalisent donc de promesses pour séduire les peuples autochtones, et d’enveloppes ou de mallettes pour corrompre leurs délégués.

Pas toujours incorruptibles en effet, les organisations autochtones représentent néanmoins une force désormais crédible et incontournable sur le grand échiquier de la préservation forestière et de l’aménagement territorial des aires protégées. En Amazonie les organisations amérindiennes locales, comme la CARE, sont fédérées à l’échelon régional et national. Au Pérou l’AIDESEP représente  ainsi l’ensemble des 350.000 amérindiens de la selva péruvienne.

Les organisations de chaque pays sont elles-mêmes fédérées au sein de la Coordination des Organisations Indigènes de tout le Bassin Amazonien, la COICA.

Outre les ONG écologistes, notons également l’importance, sur cet échiquier, des ONG qui se positionnent en appui des revendications et des luttes indigènes. Parmi les plus anciennes on retiendra principalement IWGIA et Survival. Dans les années 80, avec leur appui, certains peuples obtinrent de haute lutte la démarcation (mais rarement la protection efficace) de leur territoire, ce fut notamment le cas des Yanomami, en Amazonie brésilienne, un cas de collaboration exemplaire entre un peuple indigène et des soutiens exogènes.