Les vallées du Ene et du Tambo sont situées dans la région de Junin, frontalière du Brésil. Comme le reste de l’Amazonie, toute la région de Junin est convoitée par des compagnies industrielles, lesquelles ont déjà obtenu des permis d’exploration ou d’exploitation dans la plupart des vallées de la région.

C’est donc l’équilibre écologique de toute la zone qui est menacé par l’exploitation des ressources naturelles : gaz, pétrole, minerais, barrages hydroélectriques.

Il s’agit d’une agression de l’écosystème local mais aussi d’une menace qui pèse sur les peuples amérindiens de toute la région. Là comme ailleurs c’est la biodiversité culturelle de l’humanité qui est menacée, car en construisant sur les fleuves Ene et Tambo des barrages géants c’est aussi la langue Ashaninka que l’on chasserait vers les bidonvilles, là où finissent par se confondre et disparaître toutes les identités minoritaires, en peu de générations et quelques télénovelas, dans le grand bain monoculturel mondial.

Si nous ne prenons pas énergiquement le parti des Ashaninka, ce sont trois barrages hydroélectriques géants qui seront construits sur les fleuves Ene et Tambo. Sur le rio Ene le barrage serait construit en un point du fleuve nommé Pakitzapango, il deviendrait le plus grand du Pérou, engloutissant cent mille hectares de forêt primaire et provocant le déplacement des dix mille Ashaninka qui y vivent.

Après avoir été engloutie, la végétation se décompose sous les eaux, ce qui occasionne le dégagement de gaz carbonique. Rien que pour le barrage de Pakitzapango, ce sont neuf-cent mille tonnes de CO2 qui seraient émises par cette déforestation « hydroélectrique ».

Il existe plus d’une cinquantaine de projets de construction de barrages en Amazonie, l’addition des surfaces qui seraient englouties, si nous ne nous y opposons pas, représente plusieurs millions d’hectares de forêt primaire. Autant que nous ne transmettrions pas à nos enfants alors qu’il est encore possible, en nous retroussant les manches, de les préserver pour plusieurs siècles encore.